Témoignage : une tranche de vie gay à Boulogne-sur-mer

boulogne-sur-merREVUE DE PRESSE

Est-il facile de vivre quand on est homosexuel à Boulogne ? Quels sont les regards ? Il y a ceux qui optent pour la discrétion et ceux qui s’affichent librement, comme Jules*. Rencontre sur une tranche de vie gay à boulogne-sur-mer et interview de Barbara patronne du bar artistique gayfriendly Tôt ou t’art.

Cet article est extrait du site La semaine du Boulonnais. Il n’a pas la prétentieux de faire un cas général de ce qu’est la vie gay à Boulogne mais c’est déjà une facette intéressante sur la perception de la vie gay à Boulogne. C’est un point de vue.

Le prince charmant. Quand il était jeune, Jules* en rêvait, comme les petites filles de son âge. « À l’époque, j’aspirais déjà à trouver l’homme parfait », s’amuse ce natif de Calais.

contact-parentsCertains gays se fient à l’adage pour être heureux, vivons cachés. Mais d’autres, comme Jules l’assument totalement.
Jules admet n’avoir presque jamais connu de quelconque problème quant à son orientation sexuelle. « La seule époque où j’ai eu à souffrir de quelques insultes et coups bas, ce fut à l’école, au lycée, explique le Boulonnais. Sinon, jamais plus je n’ai entendu de commentaires désobligeants, y compris dans ma vie professionnelle. Et, à vrai dire, recevoir des critiques sur mon travail me ferait plus de mal que sur le fait que je sois homosexuel. Le regard des autres, je suis toujours passé outre et il ne m’affecte aucunement lorsqu’il touche à ma vie privée ». Pour Jules, le fait d’assumer, sans toutefois provoquer, est primordial.

Barbara Charbit, gérante du bar Le Tôt ou T’art, confirme. « À Boulogne, il n’y a pas de problème. À Rennes, par exemple, c’est plus difficile de s’afficher. Les gens regardent. Ici, le regard n’est pas pesant ». De façon générale, la société semble évoluer. « Mais il reste des progrès à faire, souligne Barbara Charbit. Ensuite, ça dépend beaucoup du milieu dans lequel on vit, notamment sur le plan professionnel. Il est sans doute plus facile d’être son propre patron que de travailler dans une usine ou un bureau ».

couple22bLa question qui revient, c’est le coming out. « D’abord, les amis l’ont souvent compris avant la personne elle-même et ne sont pas surpris. S’ils vous lâchent, c’est que ce ne sont pas de vrais amis. Quant aux parents, cela dépend. Mais en général, ça ne se passe pas si mal. Ils finissent par se faire à l’idée. C’est plus difficile, quand ça prend du temps, des choses dures sont parfois dites. Mais en général, ils reviennent : ce qui compte, c’est le bonheur de leur fils ou de leur fille ». Ce qui effraie souvent c’est le “qu’en dira-t-on“, les inquiétudes pour leur avenir ou comment vivre gay et heureux.

Si Jules admet n’avoir jamais fait de “coming-out“, il affirme que tout a toujours été clair dans son esprit. «Évidemment, à l’époque de l’adolescence, je me suis rapproché un temps des filles, pour savoir, admet-il. Mais, à l’âge de 18 ans, j’étais on ne peut plus sûr de moi ».

couple_libreMais lui n’a jamais eu à avouer à ses parents son orientation : « ils l’ont compris d’eux-mêmes. À force de me voir accompagné de représentants de la gente masculine, ma mère a fait le rapprochement, explique Jules. Elle m’a juste dit avec un sourire qu’elle aurait préféré me voir hétéro… La discussion s’est arrêtée là. Je pense qu’elle avait peur du regard des autres, mais ne m’a jamais plus fait de quelconques remarques ». Quelque temps plus tard, le père de Jules finit par comprendre que le colocataire de son fils est un peu plus que cela… « Il s’entendait très bien avec mon ami de l’époque, commente Jules. Le fait qu’il le sache n’a posé aucun problème ». Vers l’âge de 18 ans, et grâce à son ami, Jules découvre le milieu gay. Les bars de Lille, les boîtes de Belgique n’ont, petit à petit, plus de secret pour lui. «J’étais curieux de savoir, et il y avait une partie de moi qui désirait appartenir à ce monde, explique Jules. Et puis, je voulais être sûr de ne pas faire fausse route dans mes choix ».

Après avoir rompu avec son ami de l’époque, Jules continue de sortir. « À partir du moment où j’ai emménagé sur Lille, ça a été une overdose de soirées gay, raconte-t-il enjoué. Toute la semaine je sortais, toujours avec le même groupe de copains. Mais on faisait facilement des rencontres ».

Puis, le jeune homme revient sur Calais, et y rencontre Fabrice. Son premier amour. « Je suis resté trois ans avec lui, explique-t-il. J’habitais encore Calais à cette époque, mais je venais déjà au Pharaon, à Boulogne, qui était un établissement très en vogue dans la communauté gay ».

Aujourd’hui, c’est avec Sébastien* que Jules partage sa vie. « L’arrivée d’Internet et du chat a facilité les choses, explique Jules. Que l’on souhaite y trouver quelqu’un pour une nuit ou pour un peu plus longtemps, pas de souci. Le tout est d’annoncer la couleur ». Et Sébastien n’a pas hésité à donner le ton, il cherchait quelqu’un de sérieux. Après 10 jours de discussion, les deux hommes décident de se rencontrer. Aujourd’hui, leur idylle se poursuit.

A presque 40 ans, Jules admet ne plus avoir la même envie, quant à ses sorties et la fréquentation des milieux gay. «Aujourd’hui, je n’ai plus les mêmes attentes… C’est un passage » Comme n’importe quel couple, il profite pleinement de la vie avec son amoureux.

boulonnaisSylvia FLAHAUT
et Florence PÉCRIAUX

*Le nom a été modifié, selon le souhait de son compagnon

LE BAR TÔT OU T’ART :

tot_tard_boulogneSi le Tôt ou t’art veut afficher une image, c’est celle de l’ouverture d’esprit et de la convivialité. «Notre bar ne revendique aucune connotation, affirme Barbara Charbit. Nous sommes ouverts à tous les publics : jeunes, plus vieux, hommes, femmes, homo, hétéro… » Depuis octobre 2007, ce bar a pris sa place dans les soirées boulonnaises s’affirmant comme un lieu d’art, de convivialité. Après quelques travaux, le lieu a rouvert en ce début d’année. Au chapitre des nouveautés, des matchs d’improvisation théâtrale, mais aussi des soirées “gay friendly“.

Le constat de Barbara Charbit et de Sullivan Noulard est là : « il y a peu de lieux où les gays peuvent se retrouver à Boulogne. D’ailleurs, beaucoup ne sortent pas parce qu’ils ne s’y reconnaissent pas vraiment ».
Depuis toujours, le Tôt ou t’art accueille sans complexe une clientèle gay, « surtout des filles, constate Barbara. Elles apprécient nos soirées, participent à nos animations… » D’où l’idée d’organiser un dimanche par mois une soirée Gay Friendly. «La musique sera disco, années 80. Mais l’idée est que tout le monde s’y sente bien, y compris les gays. Quand nous avons proposé l’idée de ces soirées à nos clientes gay, les réactions ont été très positives ! » Sur Paris, ce type de soirée connaît un vrai succès. «Il y a des endroits vraiment très sympas. Et aujourd’hui, la communauté gay est reconnue comme étant à la pointe des tendances. N’oublions pas aussi que sociologiquement parlant, ce sont des gens qui ont un certain pouvoir d’achat ! Beaucoup ont fait des études, ont de bons jobs. N’ayant pas d’enfant, ils sortent beaucoup, voyagent. A Paris, beaucoup de lieux gays sont des endroits très en vogue… » Le rendez-vous est fixé au deuxième dimanche de chaque mois.

Voir le site web du bar Le Tôt ou t’art à Boulogne (ici)

Source : presse locale La semaine du boulonnais

Autre article intéressant sur guidomo : la vie gay à Lille (lieux lgbt lillois) ici

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un commentaire sur “Témoignage : une tranche de vie gay à Boulogne-sur-mer”

  • janlou a ecrit le 7 septembre, 2011, 9:44

    Cher Jules. J’ai 49 ans et je n’ai pas eu la même chance que toi par rapport à ton entourage familial….J’ai subi les pires critiques de mon père, et mes frèrs et soeurs se sont liésà celui ci pour ne pas le décevoir….Seule ma mère, essayait “d’arrondir les angles” au début, et me disait toujours “c’est pas grave, tu vas guérir”…..Et oui, pour elle j’étais malade….Et cela allait s’arranger….Puis quand j’ai rencontré d’alors, en 1984, une de mes soeurs nous a aperçu dans le centre ville où je vivais. Le soir quand je suis rentré à la maison, mes valises étaient devant la porte….Merci ma soeur. Mon père m’a “hurlé” (bien fort pour le voisinage entende) qu’il ne voulait pas de “pd” chez lui, quant à ma mère, tant que j’étais seul “la pilule pouvait passer”, mais dès qu’elle a su que j’étais avec un garçon, elle a eu comme un électrochoc et s’est ralliée à la position des autres memebres de la famille…
    Je suis donc parti, (à l’hôtel) puisque mon copain vivait encore cheze ses parents (pour qui ça se passait bien).
    Mais la situation ne pouvait pas durer, je travaillasi, mais l’hôtel me revenait cher….J’ai donc décidé de démissioner, j’ai pris mes affaires, un billet de train et suis arrivé à Paris (sans un sou en poche) comme on dit, et là la galère a commencé, je ne connais personne, ni la ville. J’ai loué mes services dans un restaurant en vivotant ici et là, dans le métro, dans le fond du restaurant, chez un garçon de rencontre pour une nuit, bref, j’ai vraiment galéré….De ma famille, pas de nouvelles, et je n’en donnais pas de toute façon….Depuis, évidemmment j’ai refait surface, j’ai une situation professionnelle très confortable, j’ai vécu une grande histoire d’amour (12 ans), puis mon ami est décédé dans un accident de voiture….Je ne souhaite plus revivre avecquelqu’un…Ca fait trop mal de le voir partir…Je n’ai jamais revu mes parents, ni mes frères, ni mes soeurs….Mais je dois être “maso”, car depuis plus de 25 ans, j’ai gardé un contact avec une personne qui habite prèt de chez mes parents, et elle me donne régulièrement des informations….J’ai appris au fil du temps que des beaux frères, des belles soeurs étaient arrivés, neveux, nièces, sont nés, mariés pour certains, mon père à 76 ans et se porte bien,. Pour ma mère, c’est pour moi une perpétuelle déchirure de penser à elle chaque jour et ce depuis toutes ces année, je ne l’ai pas vu vieillir, elle est en bonne santé, on la voit continuer à vivre pleinement sa vie, elle rit, elle sort, bref je m’aperçois que j’ai été oublié….Mais Dieu qu’elle me manque….Mais je ne referais pas surface….Sait-elle seulement si je suis encore envie ? Je sais que je peux compter sur la personne qui me donne des nouvelles, et je sais qu’elle ne me trahira pas….Voilà Jules, mon expérience Homosexualité/Parents.
    JL

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